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J'ai décomposé l'apprentissage de façon arbitraire en trois phases. Deux d'entre elles sont majoritairement (mais non exclusivement) passives: le démarrage de l'apprentissage et la restitution, alors que la phase centrale est principalement active. Ces trois phases plutôt temporelles s'associent difficilement aux tâches qui leur sont associées. J'ai cependant tenté de représenter au mieux les concepts majeurs de chacune de ces phases même si l'on sent l'aspect dynamique et entremêlé de l'apprentissage. A aucun moment je n'ai placé le mot compréhension car je pense qu'il est une conséquence des processus mis en œuvre et non une cause pouvant conditionner la poursuite ou l'abandon de l'apprentissage.

La première phase est celle du démarrage. Celle-ci s'appuie principalement sur l'observation, l'attention et la concentration. La mémorisation est naturelle, même si elle émerge sous une forme partielle. La direction accordée à cette proto-mémorisation sera finaliste et imposée par le but final de l'apprentissage. Elle devra s'appuyer sur une distinction forte des processus d'automatisation qu'il faudra mettre en œuvre, de la reconnaissance des méthodes actives impliquées et des liens.
Je pense que cette première phase se fait de façon relativement passive. Ainsi les conditions dans lesquelles elle s'exerce doivent être optimales pour une grande majorité des élèves (bruit, température, écoute et parole...).

La deuxième phase est très active, elle engage pleinement la motivation personnelle et la régularité. Il faudra reconnaître les objets, les formes et les situations afin de pouvoir y appliquer des actions et des méthodes. L'automatisation et la structuration de ce qui a été mémorisé précédemment doit se faire. Un affinement est nécessaire. Afin de dessiner précisément la carte mémorielle et méthodologique, il est nécessaire de tenter de déstructurer ce que l'on vient d'apprendre pour en tester la résistance, de faire varier des paramètres, de réorganiser différemment les connaissances et d'explorer un peu plus loin pour avoir un regard d'ensemble.
La création d'indices de récupération, tels les cailloux semés du Petit Poucet, permettront de retrouver plus facilement les chemins principaux. Ils devront être simples, et feront apparaître, par un fil tiré, un contenu beaucoup plus complexe.

La troisième phase est celle de la restitution, sous des formes diverses. Je la considère aussi, tout comme le démarrage de l'apprentissage, plutôt passive, même si j'y ai placé des éléments de forte activité. Souvent l'apprenant considère savoir mais s'aperçoit à la restitution, qu'il est dans l'incapacité de répondre correctement, de mettre en œuvre des stratégies qui lui semblaient pourtant familières lorsqu'il les visualisait. L'élément manquant est l'intériorisation des processus lui permettant de restituer le contenu des apprentissages. C'est pour cela que j'ai pointé à cet endroit les ingrédients que j'ai jugés incontournables pour parvenir sans encombre à ce but.
Il s'agit en tout premier lieu d'être en mesure de retrouver instantanément les indices de récupération créés plus haut, et ensuite le contenu complexe qui leur est associé.
L'apprentissage se fait exclusivement sous forme d'essais/erreurs et les exercices partiels, en cours d'apprentissage, sont des moyens privilégiés pour réaliser cette tache et fixer le décalage entre l'erreur, le trou ou l'égarement initiaux et la réalisation du but.
On voit donc que la phase de restitution est conditionnée par un travail préalable et qu'il reste peu à faire (sauf à gérer ses émotions).
Les deux éléments restants sont à mettre au crédit de la recherche de performance. Un travail sur annales, ou plus simplement une répétition de la tâche à exécuter permettra un accroissement de l'aisance et une diminution de l'effet de surprise.
Ce que j'ai nommé l'ascension pédagogique permettra de se diriger vers l'expertise même si celle-ci est relative. On pourra se fixer comme objectif une mémorisation et une automatisation croissante des processus en œuvre. On peut ainsi libérer la mémoire de travail pour des travaux de complexité et dimension supérieures.