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15/04/12 - SVT

La découverte des plus anciens embryons amniotiques suggère la viviparité chez les mésosaures


Mardi 3 avril, le CNRS a annoncé dans un communiqué de presse la découverte des plus anciens embryons amniotiques au Brésil et en Uruguay : ceux de mésosaures. Le compte-rendu de l'étude des fossiles a été publié début mars dans la revue Historical Biology par une équipe internationale incluant notamment le paléontologue français Michel Laurin.

Les Mésosaures ont vécu il y a environ 280 millions d'années (ère paléozoïque, Permien inférieur). Ce sont les plus anciens reptiles marins connus à ce jour, précédant de plusieurs dizaines de millions d'années les fameux Ichtyosaures et Plésiosaures du Mésozoïque ; au lycée, ils sont surtout célèbres pour avoir servi d'argument paléontologique à Alfred Wegener lorsqu'il formula au début du XXème siècle la théorie de la « dérive des continents » : on en a en effet retrouvé à la fois en Afrique et en Amérique du sud, ce qui prouve que ces continents formaient autrefois un seul et même bloc.


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Ci-dessus, à gauche : squelette de mésosaure (Mesosaurus brasiliensis) au Muséum d'histoire Naturelle d'Orléans (© Igor Girault). A droite : reconstitution de mésosaure (© John Sibbick).

Au Brésil, une femelle en gestation a été exhumée, suggérant que les mésosaures étaient vivipares. Avant cette découverte, on pensait que les Ichtyosaures avaient été les premiers amniotes à développer cette stratégie de reproduction, qui serait maintenant repoussée dans le passé de 60 millions d'années.

En Uruguay, l'équipe a mis au jour vingt-six adultes entourés d'embryons, ce qui semble d'abord attester l'hypothèse de la viviparité. Cependant, elle a également retrouvé un embryon recroquevillé présentant à l'avant du crâne une petite pièce difficile à identifier, qui pourrait s'apparenter à un diamant (une petite pièce cornée que les jeunes ovipares utilisent à la naissance pour percer leur coquille d’œuf) : selon les paléontologues, il s'agirait donc en fait d'un œuf.


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Ci-dessus, à gauche : photographies de l'embryon (© Graciela Piñeiro et Inés Castiglioni). Dans le cercle rouge : le diamant présumé. A droite : dessin d'interprétation de l'embryon de mésosaure dans son œuf (© Gustavo Lecuona).

Ce nouvel indice laisse penser que, contrairement aux mésosaures brésiliens, l'espèce uruguayenne n'était pas vivipare au sens strict du terme mais devait pondre des œufs à un stade de développement avancé avant d'éclore peu après.

Les mésosaures d'Amérique du sud détiennent donc le double record des plus anciens embryons amniotiques, et des plus anciens amniotes vivipares connus à ce jour. Mais, surtout, ils montrent que le mode de reproduction de ces reptiles était plus complexe qu'on aurait pu l'imaginer, car, après de telles découvertes, on peut se demander, ainsi que conclue le communiqué du CNRS, si la viviparité était une adaptation spécifique à la vie aquatique, où un mode de reproduction courant chez les premiers amniotes. I.G.


Sources :